J’ai failli consentir à mon propre viol.

L’année dernière, le premier mec avec qui je suis sortie m’a plaquée contre le mur de ma chambre pour me faire des attouchements.
Depuis, je culpabilise, surtout que c’est moi qui l’ai, naïvement, invitée chez moi sans aucune autre raison que l’hospitalité.

C’est dingue comme on peut à la fois aimer et haïr son tout premier baiser… Ça aurait pu être merveilleux, si seulement il avait gardé ses mains sur mes hanches et non les glisser sous mes sous-vêtements.
Je ne voulais pas croire qu’il ne voulait qu’un plan cul, que je n’étais qu’un sextoy pour lui…
J’ai fait des choses horribles pour me persuader que son comportement était normal, que j’avais le contrôle de mon corps, ce contrôle que j’ai perdu quand il me touchait…

Je l’ai supplié de m’aimer et il m’a jeté comme une merde sur facebook…

Puis je me suis mise à aller sur des sites pornos, pour chauffer des mecs, rien que pour me persuader que j’avais le contrôle sur eux, sur mon corps, ma sexualité.
J’étais prête à me prostituer pour m’en persuader. J’ai renoué contact avec un mec du lycée, qui s’est révélé être aussi pervers: il m’envoyait des sextos tous les jours, me laissait des messages pervers sur mon répondeurs, ne voulait pas me voir si je venais aux rendez-vous sans god en moi… Heureusement, il me posait tout le temps des lapins. J’ai failli consentir à mon propre viol, juste pour ne plus être la “vierge” du groupe, juste pour me convaincre que le comportement du premier était normal.

J’ai honte, et la putain d’impression que pendant 6 mois, j’ai été dans un état second qui m’a poussé à faire tout ça.

Le deuxième était un harceleur pervers, manipulateur. Comment j’en suis sorti? Grace à un 3ème, qui m’a traité avec tellement de respect que j’ai ouvert les yeux sur toutes ces histoires. Il n’y a pas eu vraiment de viol dans mon histoire, mais comme les victimes d’agression…
Mais je sais ce que c’est d’avoir en horreur la vue d’un sexe (que ce soit le mien ou celui d’un homme), de vouloir se le laver à la javel, d’avoir ces envies de suicide qui t’envahissent quand tu penses au passé et à l’acte sexuel, de culpabiliser en se disant “c’est de ma faute”, de fuir les regards des hommes et la moindre étincelle de désir dans leurs yeux… Mon corps va bien, c’est mon esprit qu’on a violé.

Conclusion de l’histoire: j’ai déménagé, et ce que je ne savais pas, c’est que le premier mec habite l’étage juste au dessus…